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Procès Castela Andriuzzi

 

 

 

Eléments pour mieux comprendre le dossier

  

 

Défense de Jean Castela


 

 

 

 Une de l’édition corse du Nice Matin du 3 décembre 2001

 


Sommaire

Page 2 : Corse-Matin annonçant la libération de Jean Castela dans l’affaire du préfet.

Page 3 : Sommaire

Page 4 : Introduction

Page 6 : Photo de Jean Castela

Page 7 : Curriculum Vitæ

Page 8 : Témoignages sur Jean Castela

Page 9 : Professeur José Tomasi

Page 10 : Professeur Dominique Salini

Page 12 : Etudiants

Page 19 : Les communiqués de revendication du groupe sans sigle

Page 20 : Dossier Erignac

Page 24 : Dossier attentat de Strasbourg

Page 29 : Dossier des attentats de 1994

Page 30 : Les problèmes de santé de Jean Castela

Page 32 : témoignage de Jean Castela sur son état de santé (Juin 2002)

Page 36 : Vincent Andriuzzi

Page 45 : Revue de presse  


Résumé de l’affaire

 

 

 

 

Il y a plus de 7 ans, Jean Castela, Stella Castela, Vincent Andriuzzi et Ghjuvan Filippu Antolini étaient placés garde-à-vue dans les locaux du ministère de l’intérieur.

A ce jour, seul Ghjuvan Filippu Antolini a été jugé. Stella Castela, après avoir été incarcérée pendant 6 mois à Fleury-Mérogis est actuellement, 6 ans et demi après, toujours astreinte à un contrôle judiciaire. Quant à Vincent Andriuzzi et Jean Castela, ils attendent respectivement depuis 6 ans et demi et 7 ans dans les geôles françaises d’être définitivement jugés.

 

 

La multiplication des mises en examens

Jean Castela a tout d’abord été mis en examen, placé sous mandat de dépôt et incarcéré en novembre 1998 dans l’affaire dite de la piste agricole, c’est-à-dire pour association de malfaiteurs. Quelques semaines plus tard, en décembre, c’est pour un attentat de 1994 (à Paris) qu’il était de nouveau mis en examen et placé sous mandat de dépôt. En avril 1999, après 5 mois d’enquête, sans aucun élément nouveau à charge, Jean Castela est mis en examen dans l’affaire de Strasbourg (1997). En décembre 1999, après un an d’enquête depuis son arrestation, alors, rappelons-le, qu’il avait été suivi pendant de nombreux mois avant son interpellation, et encore une fois, sans qu’aucun élément nouveau ne soit porté au dossier, Jean Castela est mis en examen pour une prétendue complicité de l’assassinat du préfet Erignac (dont on ne sait toujours pas sur quoi elle repose…).

A ce niveau, on peut faire un premier bilan. Lorsque l’on a tous les éléments et que l’on a un coupable sous la main, qui pourrait prétendre que l’on puisse attendre plus d’un an avant de mettre une personne en examen ?

 

Des mises en examens qui ont fait « Pchiiit »

Finalement, après plus de 7 ans, que reste-t-il contre Jean Castela qui a été mis en examen dans 5 dossiers différents ?

1994 : Pratiquement tous les faits étaient prescrits ce que personne n’a voulu reconnaître, mais malgré tout, Jean Castela a admis au cours du procès en première instance avoir été un supplétif des clandestins corses.

1997, Strasbourg : Jean Castela a été reconnu innocent de la participation à l’attentat au cours du procès en première instance, même s’il a été condamné pour complicité.

1997, Vichy et Petrusedda : la chambre d’accusation qui a libéré Jean Castela pour l’affaire du préfet s’est toujours refusée à le libérer dans ce dossier de complicité alors que les éléments à charge étaient exactement les mêmes !

1998, Préfet Erignac, piste agricole (dossier 1337, association de malfaiteur) : remis en liberté en mars 2000 par non-renouvellement du mandat de dépôt.

1998, Préfet Erignac, piste intellectuelle : Jean Castela a été remis en liberté par la Chambre d’accusation en décembre 2001 car les éléments contre lui ne justifiaient plus un maintien en détention.

Comment, après ces mises en liberté successives et cet acquittement, dans ces conditions pourrait-on considérer qu’il y ait le moindre élément pour condamner Jean Castela dans l’affaire Erignac et dans les attentats de 1997 ?

 

 

 

Dysfonctionnement de la justice

Le fonctionnement de la justice a été des plus étranges dans cette affaire d’Etat, cause sacrée qui a permis de multiplier les dénis de justice. Les attentats de 1994 étaient prescrits ? Ce n’est pas grave, pour une cause sacrée ça ne compte pas.

Le parquet fait fort dans cette affaire : pour ne pas tenir compte de la prescription, il explique que les trois faits dans ce dossier (attentats à Mende en février, concours de l’agrégation perturbée en avril, et attentat de Paris en septembre) sont connexes. C’est-à-dire qu’ils ont été décidés en même temps. Mais, ensuite, pour expliquer une pseudo scission politique, ce même parquet explique que le troisième attentat n’a pas été commis par la même organisation politico-militaire, mais par des dissidents !

Le procès en première instance que la presse a improprement baptisé Erignac, et nous ouvrons ici une parenthèse pour demander aux médias de ne pas se tromper pour le procès en appel qui ne sera pas celui du défunt préfet mais celui de Castela et Andriuzzi, dans ce procès en première instance donc, tout comme pour le procès en appel, on a artificiellement mélangé des attentats de différentes époques (1994, 1997 et 1998) revendiqués par différentes organisations politico-militaires ! 

        

Le Procès

Le procès en première instance a été une véritable parodie de procès. Un procès fleuve, la presse dans son ensemble l’a reconnu, dans lequel le seul objectif du président était de terminer après le vote du référendum.

Au cours de ce procès, Roger Marion le chef de la DNAT a témoigné. Les avocats de la défense lui ont naturellement demandé quels étaient les éléments, les preuves matérielles ou les pièces à conviction qui constituaient l’association de malfaiteurs à laquelle Jean aurait, d’après l’inspecteur, participé pour préparer l’assassinat du préfet.

A la surprise générale, l’avocat a dû poser trois fois la question avant que Roger Marion ne daigne répondre. Et la réponse… a déclenché l’hilarité dans la salle au point que le président a failli la faire évacuer ! En effet, Roger Marion a répondu : « l’instinct policier » ! Qui peut imaginer une seule seconde que si Roger Marion avait eu de réels éléments à sa disposition, il ne les aurait pas évoqués devant le tribunal ? Cet aveu de l’inspecteur en chef de la DNAT est bien la preuve qu’il n’y absolument rien dans ce dossier qui puisse relier Jean Castela à l’affaire du préfet. Jean est innocent, il est victime d’un montage intellectuel des enquêteurs et des juges d’instruction qui ont décidé qu’il y avait une piste intellectuelle et qu’il fallait donc condamner des intellectuels. Après s’être fourvoyés dans la piste agricole, les juges n’ont pas voulu reconnaître que les enquêteurs s’étaient également trompés dans la piste intellectuelle. Les juges ont en fait avalisé ce scénario de substitution.

Quel exemple pourrait-on trouver dans les annales de la justice française où un homme arrive libre au procès dans une affaire de complicité d’assassinat (comme c’était le cas pour Jean Castela ou Vincent Andriuzzi) et repart avec une condamnation de 30 ans ??? Tout le monde sait que pour la justice française l’incarcération, qui dans les textes demeure l’exception, est en fait la règle. Si Jean Castela a été libéré par la chambre d’accusation, c’est bien qu’il est innocent !


Qui est Jean Castela ?

 


Curriculum Vitæ de Jean Castela

 

Formation

• 1977 : Etudes secondaires classiques. Baccalauréat A, mention AB - Lycée Masséna - Nice.

• 1978-1980 : Etudes supérieures : DEUG et Licence de Géographie - Faculté des Lettres de Nice.

          - U.V. Histoire de l’Antiquité, du Moyen Age, Histoire contemporaine.

          - Géographie physique, géomorphologie, climatologie.

          - Géographie humaine et régionale, géographie rurale et urbaine.

          - Aménagement du Territoire et Géographie du Tourisme.

          - Diplôme d’aménagement touristique sur «Les îles de Méditerranée».

          - Voyages d’études universitaires au Maroc, en Gascogne, Berry, Quercy, Dauphiné.

• 1981 : Maîtrise de Géographie : «Les pouvoirs dans la viticulture languedocienne» - Université de Strasbourg.

• 1982 : Préparation de l’Agrégation de Géographie - Ecole Normale Supérieure de Fontenay.

• 1982 : Réussite au CAPES d’Histoire-Géographie.

• 1983 : Canonnier-Professeur à l’Ecole d’Artillerie de Draguignan - Chargé de cours de culture générale et d’histoire auprès des officiers et élèves officiers.

• 1983 : Diplôme de Langue et Culture des Pays d’Oc - Mention TB - Université de Nice.

• 1983 : Reçu à l’Agrégation de Géographie.

Expérience professionnelle

• 1983-1984 : Professeur stagiaire au C.E.S. Dufy - Nice.

• 1984-1985 : Professeur agrégé au collège d’Aumetz .

• 1985-1998 : Professeur agrégé (chargé de la formation B.T.S. Tourisme) - Lycée Giocante de Casabianca - Bastia.

• 1996-1998 : Chargé de cours à l’Université de Corse.

• 2005 : Soutenance de thèse à la prison de Frersnes, sur “La Corse et l’hiostoire des civilisations méditerranéennes (VIIIème - XIème siècles)”- Mention Très Honorable avec félicitations du jury - Université de Corse.

Formations complémentaires

• Pendant les études secondaires et universitaires, voyages en Italie (Toscane, Latium, Vénétie, Pouilles, Calabre, Sicile, Piémont, Lombardie, Ligurie) ; France (Alsace, Bretagne, Auvergne, Savoie, Flandres, Gascogne, Languedoc, Provence, etc.) ; Belgique ; Pays Bas ; Suède ; Norvège ; Espagne ; Yougoslavie ; Autriche ; Allemagne ; Turquie ; Syrie ; Canada ;

 

• Organisation et accompagnement de voyages étudiants en France, Italie, Suisse, Turquie, Espagne.

 

Langues

• Français lu, écrit, parlé.

• Italien : lu, écrit, parlé.

• Anglais : lu, écrit, parlé.

• Arabe : bonnes notions.

• Russe : notions scolaires.

• Corse.

 

Publications

• Divers dossiers pédagogiques sur le monde méditerranéen.

• Un livre de 120 pages, in quarto, « La chapelle de la Miséricorde, chef d’œuvre baroque niçois ».


 

 

 

Témoignages sur Jean Castela

 

 

 

Voici des lettres d’enseignants et d’anciens étudiants qui ont eu l’occasion de côtoyer Jean Castela.

 

Pour lire les lettres il suffit de cliquer sur l'image réduite de ces lettres

La lettre de José Tomasi La lettre de Sophie Rabazzani La lettre de Fabrice
La lettre de josette La lettre d'Hélène Ghipponi La lettre d'Hélène Ghipponi

 

La lettre du professeur Dominique Salini

Professeur Dominique Salini

Le 2 janvier 2006

 

Cette lettre se veut témoignage. Je voudrais, en tant que professeur à l’Université de Corse et Directrice de son Doctorat en Sciences Humaines, option Langue et Culture corses, attester des grandes compétences scientifiques de Jean Castela en rappelant notamment un moment fort pour nous tous : la soutenance de sa thèse à la maison d’arrêt de Fresnes, le 27 mai 2005, trois mois après une grave opération du cœur et 2385 jours d’incarcération pour ses convictions politiques. C’était un défi intellectuel et politique que Jean Castela se devait de relever en tant que professeur agrégé de géographie, enseignant et militant syndical, ayant toujours mis son intelligence, ses certitudes et sa très grande culture au service du peuple corse. C’était aussi une gageure de faire aboutir un travail universitaire de cette ampleur en milieu hostile : le pari a été gagné. Pendant plus de trois heures, Jean Castela a présenté son travail, La Corse et l’histoire des civilisations méditerranéennes (8ème-11ème siècles) devant un jury composé de trois professeurs des Universités. Le grade de docteur avec la mention Très honorable et les félicitations lui a été décerné.

Le contexte singulier dans lequel ce travail a été initié, rédigé puis soutenu mérite d’être relevé. Bien évidemment, il était exclu que Jean Castela puisse bénéficier d’une exceptionnelle permission de regagner la Corse pour y soutenir normalement sa thèse à l’Université. La soutenance devait avoir lieu dans l’enceinte même de l’établissement et se dérouler quasiment à huit clos - alors qu’une soutenance de thèse est toujours publique - devant seulement trois membres de sa famille. La possibilité même de la soutenance dépendait de la seule autorisation du Procureur de la république de laisser le jury pénétrer à l’intérieur de la maison d’arrêt. Celle-ci n’a été officielle que le jeudi 26 mai, soit la veille de la soutenance ! Il est inutile d’insister d’avantage sur la pression psychologique et le harcèlement moral exercés depuis si longtemps sur Jean Castela et sa famille.

La thèse compte 654 pages et comprend 4 tomes dont un Atlas de 446 cartes représentant les données historiques des tomes 1 et 2 et un tome d’exemples illustrant les analyses théoriques. Le doctorat a conclu, sous la forme académique d’une thèse soutenue devant un jury de professeurs des universités, une recherche initiée depuis des années. Cette recherche qui a notamment nourri son enseignement à l’Université de Corse a été poursuivie pendant plus de six ans en milieu carcéral, c’est-à-dire dans un environnement peu propice à la réflexion et à la sérénité. Interpellé le 18 novembre 1998, Jean Castela a d’abord été incarcéré à Fleury-Mérogis avant d’être transféré à la maison d’arrêt de Fresnes, réputée pour la rigueur des conditions de détention. A titre d’exemple, Jean Castela n’a disposé d’un matériel informatique que par intermittence ; il a dû travailler de manière très artisanale (les cartes décalquées sur les vitres de sa cellule) et surtout au gré des fouilles régulières et imprévisibles, bien sûr :  il fallait, à chaque fois, remettre de l’ordre dans les documents dérangés, dispersés, éparpillés. Chaque difficulté que rencontre tout doctorant dans la recherche de ses sources documentaires était ici décuplée : les documents ne pouvaient parvenir que sous certaines formes et pas d’autres (ouvrage sans couverture, document non plastifié, pas de disquettes informatiques..), sans compter le temps nécessaire pour les obtenir. L’autre difficulté a consisté à « sortir » progressivement son travail pour la reprographie. Bref, on l’aura compris, cette thèse n’aurait pu être soutenue sans l’obstination de Jean et le soutien sans faille de sa famille durant ces six longues années.

Jean Castela n’a jamais caché son attachement profond à la Corse mais son attachement n’est pas seulement sentimental. La Corse préoccupe l’historien qui a pu se rendre compte au fil de ses recherches à quel point l’histoire de l’île est méconnue à certaines époques, combien parfois elle a été oubliée par les historiens parce que jugée sans doute trop peu active dans l’histoire des grandes civilisations méditerranéennes. Or, écrit Jean Castela, en Méditerranée, « se mêlent en permanence, à toutes les époques, les phénomènes locaux et les grands mouvements qui s’expliquent par les contingences politiques et économiques générales à tout le bassin ». Et il le répète à plusieurs reprises dans le corps du texte : il est temps de renouveler la lecture de l’histoire des civilisations méditerranéennes en redonnant à chacune la place qui lui est due et de rectifier ainsi tant d’injustices créées par les hiérarchisations abusives et la négation du local au profit des grands courants prestigieux. L’histoire de la Méditerranée ne peut se passer de celle de la Corse et il faut bien admettre que la Corse a fait partie – et sans doute devrait continuer à le faire - d’une histoire géopolitique large et surtout mouvante. Là sans doute réside l’aspect le plus novateur de la thèse : élaborer une modélisation des dynamiques spatiales méditerranéennes. C’est seulement en abordant l’histoire de la Corse de cette manière que l’on évitera banalités et autres poncifs et que la compréhension politique de cet espace singulier pourra sans doute commencer. Base de données en histoire, géographie et histoire de l’art, ce travail est en perpétuelle évolution et s’enrichit chaque jour.

Certes Jean continue à travailler. On pourrait sans doute se satisfaire de cette assertion. Mais si les soutiens amicaux lui ont été et lui sont aujourd’hui encore une aide précieuse, il serait temps que cesse cet assassinat intellectuel, cette destruction de l’homme et que Jean recouvre enfin sa liberté.

Pr.Dominique Salini

 

Les communiqués de revendication du groupe sans sigle

 

 

Selon les enquêteurs, l’un des principaux éléments qui les a amené à croire que Jean Castela était l’auteur des communiqués de revendication du groupe sans sigle est le fait que l’on retrouve de nombreux éléments historiques dans ces communiqués alors que justement Jean Castela est professeur d’histoire géographie et qu’il est spécialisé dans l’Histoire de la Corse.

Or, l’étude approfondie de ces communiqués, chose qui n’a pas été possible lors de l’instruction et lors du procès en première instance, démontre à l’évidence que les auteurs de ces communiqués sont sans doute d’excellents moines copistes, mais absolument pas des historiens car nous y avons trouvé 5 erreurs historiques grossières, très importantes, qu’un historien corse n’aurait pas pu commettre et certainement pas Jean Castela.

 

Voici les cinq passages comportant des erreurs et les explications historiques

 

Communiqué du 11 novembre 1997, deuxième communiqué du groupe sans sigle

« Le peuple corse quant à lui a eu l’honneur de se libérer dès septembre 1943 grâce au soulèvement des patriotes corses qui ont affronté les troupes de l’Africa Korps avec pour emblème le seul brassard à tête de maure. »

C’est une erreur historique qui n’a pas été soulevée lors de l’instruction, mais que les avocats avaient soulevée lors du procès en première instance. Septembre 1943 n’est pas la date de la libération de la Corse mais seulement de l’insurrection. C’est-à-dire que le 8 septembre, le gouvernement italien du général Badaglio qui a pris la succession de Mussolini au cours de l’été 1943, signe l’Armistice avec les alliés. Le 9 septembre, sans attendre l’accord des alliés, la résistance corse déclare l’insurrection. S’il y avait 80 000 Italiens qui occupaient la Corse et qui n’ont pratiquement pas combattu la résistance corse, il ne faut pas oublier qu’il y avait 12 000 Allemands et que pendant un mois, des combats acharnés ont eu lieu pour libérer la Corse, le dernier Allemand quittant le port de Bastia le 4 octobre seulement. La date du 9 septembre est généralement fêtée pour commémorer cet événement, mais ne correspond en rien à la libération de la Corse. Un profane en histoire peut faire l’erreur, mais certainement pas un spécialiste de l’Histoire de la Corse. D’ailleurs, il a été projeté lors du procès en première instance des documents saisis chez Jean où il est écrit de sa main que la libération de la Corse date du 4 octobre !

 

Deuxième passage du même communiqué :

Voici une énumération de faits historiques concernant les grandes dates de l’Histoire de la Corse (nous avons rajouté en rouge, entre parenthèses [ ], l’époque à laquelle ils correspondent) :

« La France, au mépris du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, a acheté la Corse en 1768 comme un vulgaire troupeau de moutons et l’a conquise par le feu et par le sang au prix de nombreux revers subis face aux patriotes corses [1768/69]. Bonaparte a exprimé en termes on ne peut plus clairs la nature de la présence française en Corse : "Je naquis quand la patrie périssait. Trente mille Français vomis sur nos côtes noyant le trône de la liberté dans les flots de sang, tel fut le spectacle odieux qui vient frapper mes regards." [1789]

De pendaisons en déportations massives au bagne de Toulon, [fin XVIIIe, début XIXe] de gouvernements militaires en régimes d’exception, la Corse a toujours été gérée par la France comme une colonie : destruction de son économie par des lois douanières qui pendant un siècle ont taxé lourdement les produits corses à l’exportation et détaxé les produits français à l’importation [XIXe siècle]; utilisation du peuple corse comme chaire à canon (plus de trente mille morts lors de la guerre de 14-18, soit 15% de la population contre 5% en France) selon la même logique coloniale appliquée pour les tirailleurs sénégalais ou pour les troupes levées en Afrique du Nord et en Indochine par la "patrie des droits de l’homme" [1914/18]; planification de la francisation obligatoire par la fermeture de l’Université de Corse [1769] et une guerre idéologique sans merci conduite contre la langue et la culture corse. [deuxième moitié du XXe siècle]»

On réalise immédiatement à la lecture des dates que nous avons rajoutées en rouge qu’il y a un problème. Nous sommes ici dans une suite chronologique d’événements historiques et sans que l’on comprenne pourquoi, la fermeture de l’Université de Corse se retrouve entre la première guerre mondiale et la deuxième moitié du XXe siècle. Les historiens de la Corse savent très bien que l’Université créée par Pascal Paoli a été fermée dès la conquête militaire de la Corse en 1769 et non pas après la première guerre mondiale. Le fait de positionner dans cette suite chronologique la fermeture de l’université après la première guerre mondiale ne peut être qu’une erreur de date de la part du rédacteur du communiqué, erreur que Jean Castela n’aurait pas pu commettre. Cette erreur n’a jamais été soulevée, ni pendant l’instruction, ni lors du procès en première instance, tout comme les erreurs qui suivent.

 

Dans cette même citation que nous venons d’étudier, deux autres erreurs flagrantes sont à noter. 

« La France, au mépris du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, a acheté la Corse en 1768 comme un vulgaire troupeau de moutons et l’a conquise par le feu et par le sang au prix de nombreux revers subis face aux patriotes corses (…) »

Tout d’abord, le fait de livrer comme date du rattachement de la Corse à la France 1768 est une erreur considérée par les historiens nationalistes comme un négationnisme, puisque cela revient à dire qu’il n’y a pas eu de résistance, alors que ce n’est qu’au bout de deux campagnes militaires que les troupes du roi de France ont pu conquérir la Corse. Ensuite, le fait de parler d’achat en ce qui concerne le traité de Versailles de 1768 est aussi une autre erreur, souvent commise, car en fait ce n’est pas un traité de vente, mais au contraire un traité à travers lequel la République de Gênes demande l’aide de la France pour pacifier l’île. Un article secret fait état d’un don de la France à la République de Gênes, mais ce don ne correspond pas à la somme qu’aurait représenté la vente de la Corse. D’ailleurs, en 1789, lors de la convocation des Etats généraux, Gênes s’indignera de constater que les députés corses ont le droit de vote, car les Génois considéraient toujours la Corse comme leur appartenant.

 

 

« (…) utilisation du peuple corse comme chaire à canon (plus de trente mille morts lors de la guerre de 14-18, soit 15% de la population contre 5% en France) »

Cette erreur est sans doute la plus grossière et comme les précédentes n’a jamais été soulevée. 30 000 morts pendant la première guerre, c’est un chiffre qui est ouvertement contesté et contestable. Aujourd’hui, de nombreux historiens parlent plutôt de 12 000 morts, mais cela ne prouve rien. Le premier problème vient du fait qu’entre ce deuxième communiqué et le quatrième du groupe sans sigle, ce chiffre de 30 000 est devenu 40 000 ! Cela ne correspond pas à la rigueur d’un professeur d’Histoire d’avancer des chiffres fluctuants. Mais, cette analyse n’est pas nouvelle, elle a déjà été évoquée.

Par contre, ce que personne n’avait remarqué, c’est que si l’on considère que 30 000 morts représentent 15% de la population corse de l’époque, cela veut dire qu’il y avait en Corse 200 000 habitants en 1914. Pour quelqu’un qui n’y connaît rien en Histoire de la Corse, c’est plausible, puisqu’il y a actuellement 260 000 habitants. Par contre, pour n’importe quel historien qui s’intéresse un tant soit peu à l’Histoire de la Corse, c’est une erreur qui remet en cause toute l’histoire du XXe siècle en Corse ! En effet, cette histoire est basée sur le fait qu’il y avait 320 000 Corses en Corse au début du XXe siècle et qu’au cours de ce siècle la population a diminué pour arriver actuellement à 260 000. L’exil vers les Amériques, les colonies, les guerres mondiales et enfin l’exode vers la France, notamment à travers de nombreux emplois offerts dans l’administration et l’armée, sont les raisons de cette diminution de la population. Penser que la population corse a pu augmenter, ou ne pas savoir qu’elle a diminué au cours du XXe siècle revient donc à ne pas connaître l’Histoire de la Corse. Ou alors, il faudrait qu’il soit très mauvais en mathématique, ce qui ne peut pas être le cas de Vincent Andriuzzi, professeur dans ce domaine !

 

Quatrième communiqué de revendication, septembre 1998, première page :

« Il y a une trentaine d’années, des patriotes corses se sont levés et ont ravivé une lutte ancestrale pour la dignité et la liberté, suivant le processus classique d’un mouvement de libération nationale confronté à un état colonial : l’objectif naturel était le rétablissement des droits fondamentaux du peuple corse sur sa terre, c’est-à-dire l’indépendance nationale. »

Tous les historiens, et encore plus les observateurs attentifs de l’histoire du nationalisme corse dont notamment Jean Castela, savent très bien que le début de la revendication nationaliste n’était pas, à la fin des années 60 une revendication pour l’indépendance, mais bien au contraire, une revendication d’abord régionaliste avec l’ARC, action régionaliste corse, devenue en 1973 Action pour la Renaissance Corse au moment où le mouvement devenait autonomiste. Les premières revendications d’indépendance ne remontent qu’en 1976, à la création du FLNC, c’est à dire 21 ans avant les communiqués du groupe sans sigle et non pas 30 ans.

 

 

 

 

De plus, on remarque tout au long des textes de revendications qu’il y a de nombreuses fautes d’orthographe qu’un agrégé de géographie n’aurait pas pu commettre, ni même un enseignant de mathématique. Le problème des fautes d’orthographe a été soulevé pendant le procès en première instance.

 

Les fautes d’orthographe dans les communiqués de revendications :

 

1er communiqué

 

• 4ème paragraphe : « (...) les fondements même (...) » il faut le pluriel à « même »

• 2ème page , 3ème paragraphe en partant de la fin : « sensibilié » faute de frappe ?

• 2ème paragraphe en partant de la fin : « Aux peuples du monde la Nation Corse envoit (...) ». Erreur de conjugaison « envoie ».

 

2ème communiqué

 

• 1er paragraphe : « (…) par les philosophes "des lumières" (…) » il faut un « l » majuscule à lumières car dans ce cas ce terme évoque une période historique précise.

• 3ème paragraphe  « La désertification (…) que connaît (…) ». Il faut un accent circonflexe à « connaît ».

• 4ème paragraphe : « (...) avec le suicide de la République à Vichy proclamé (...) ». ll faut « ée » à « proclamé » car l’accord se fait avec République (c’est elle qui est proclamée) et non pas avec « suicide ».

• 5ème paragraphe : « raffle » ne prend qu’un « f ». Il y a également une erreur à « (...) Vél d’Hiv » ; Il s’agit de l’abréviation de Vélodrome d’Hiver, que les historiens écrivent donc « Vél’d’Hiv ». Il manque l’apostrophe.

• 2ème page, 1ère ligne : « (...) De Gaulle (...) ». Il ne faut pas de majuscule à « de ».

 

3ème communiqué

 

• 1er paragraphe , 5ème ligne : « (...) Gênois (...) » il ne faut pas d’accent circonflexe !

• 2er paragraphe, 8ème ligne : « (...) innéluctable (...) ». Il ne faut qu’un « n ».

• 3ème page, 4ème ligne : « (...) Républiques banannières (…) » ; Il seul « n » à « bananières ».

• 3ème page, 5ème ligne : « (…) bodruches (…) ». Baudruches.


 

Dossier Erignac

 

(à partir de l’ordonnance de mise en accusation de la Chambre de l’instruction)

 

Tout d’abord, on peut se poser la question de savoir pourquoi une chambre d’accusation (devenue entre temps chambre de l’instruction) qui remet en liberté Jean Castela et Vincent Andriuzzi pour manque de preuve à leur encontre dans l’affaire Erignac peut quelques mois plus tard, sans qu’aucun élément nouveau porté au dossier, décider de leur renvoi devant une cour d’assise spéciale.

 

Dans l’arrêt rendu qui reprend les grandes lignes de l’ordonnance de mise en accusation émise par le juge d’instruction, on peut noter les éléments suivants qui concernent Jean Castela :

 

Page 27 de l’ordonnance : « (…) lors de la parution dans le quotidien "Le Monde", du 3 février 1999, d’un article intitulé : "Les enquêteurs auraient "ciblé" les auteurs de l’assassinat du préfet" fournissant des indications désignant implicitement Alain Ferrandi, Jean Castela et Vincent Andriuzzi. »

 

Effectivement, trois mois après l’incarcération de Jean Castela, la presse dévoile les thèses des enquêteurs. A ce moment, Jean n’est toujours pas mis en examen dans l’affaire Erignac, mais placé sous mandat de dépôt dans d’autres affaires. N’ayant aucun élément à son encontre dans l’affaire du préfet, on jette son nom en pâture à la presse pour faire passer le montage intellectuel qui conduira Jean Castela et Vincent Andriuzzi jusqu’à la cour d’assises spéciale. On peut noter que cet article intervient à un moment où la piste agricole est en train de s’écrouler, les enquêteurs ont perdu une grande partie de leur crédit auprès de la presse et de l’opinion publique, il faut alors à tout prix prouver qu’ils ne se sont pas entièrement trompés et que la piste intellectuelle (ou enseignante) est fondée. Sans mise en examen, on utilise la presse pour accuser les gens.

 

Page 27 de l’ordonnance : « (…) des renseignements anonymes (…) désignant un nommé "Castola", (…) comme l’un des commanditaires de l’assassinat de Claude Erignac. »

 

Il faut savoir qu’au cours de l’année 1998, plus de 2500 interpellations ont eu lieu en Corse, et plus particulièrement dans le milieu nationaliste. Le simple fait d’avoir été à un moment de sa vie nationaliste, ou sympathisant, pouvait suffire à justifier une interpellation. Dans ces conditions, chaque personne gardée à vue qui livrait un nom d’une personne ayant approché le nationalisme ces trente dernières années pouvait être considérée comme ayant donné « un renseignement anonyme ». Si l’on pense qu’une partie seulement de ces renseignements ont conduit à des interpellations, on peut penser que plusieurs centaines de personnes ont pu ainsi être désignées.

 

Page 28, 29,  de l’ordonnance : La rencontre entre Vincent Andriuzzi et Alain Ferrandi, en compagnie de Jean Castela, le 19 août 1998 à Ajaccio.

Avant toute chose, il est primordial de rappeler que cette rencontre a lieu 6 mois après l’assassinat du préfet et que dès lors, elle ne peut pas être considérée comme une réunion préparatoire.

 

Cependant, Jean Castela et Vincent Andriuzzi se sont longuement expliqués sur cette rencontre.

Vincent Andriuzzi était en relation professionnelle avec Alain Ferrandi dans le cadre du groupe Filcar notamment pour réaménager certains locaux. Vincent, apparenté à la famille Filippi propriétaire du groupe avait remplacé dans ce rôle son propre père. L’agence où travaillait Alain Ferrandi ne possédait pas de bureau, et en cette période extrêmement chaude, c’est en toute logique qu’Alain Ferrandi a proposé à Vincent de se rendre dans un autre lieu, en l’occurrence l’appartement de sa sœur, pour pouvoir travailler dans de bonnes conditions. Jean Castela a accompagné Vincent Andriuzzi ce jour là comme il en avait l’habitude.

D’ailleurs, tous dans l’attitude des deux hommes ce jour est des plus banal. Ils se sont arrêtés pour manger en terrasse, au bord de la route dans un petit restaurant à l’entrée de la ville. Pour des gens qui chercheraient à se cacher, on peut trouver mieux !

On peut par ailleurs se poser la question de savoir, si cela avait été une réunion entre ce que l’accusation a appelé la cellule sud et la cellule nord, pourquoi le sud n’aurait envoyé qu’une personne et le nord deux.

 

La longue liste des appels téléphoniques qui apparaît aux pages 30 et 31 entre les différents accusés ne représente en aucune manière la moindre preuve et le fait de mettre en évidence uniquement les appels des uns, de manière arbitraire ne prouve rien.

Il est simplement logique de constater que des gens qui sont amis s’appellent souvent. Et pas uniquement comme voudrait le faire croire l’accusation, uniquement quand il y a des revendications ou des attentats.

On peut par contre noter l’absence de coups de fils entre Jean Castela et l’ensemble des membres qui ont été condamnés en première instance pour l’assassinat ou la complicité d’assassinat du préfet, ce qui prouve bien qu’il ne les connaissait pas ou qu’il ne les fréquentait pas. De même Vincent Andriuzzi n’est en contact qu’avec Alain Ferrandi, et encore pour des raisons de travail.

 

Les appels téléphoniques le soir de l’assassinat du préfet.

Le vendredi soir, à 22 heures 26, Jean Castela a appelé Jean-Philippe Antolini. A cette époque, Jean était joueur et dirigeant de l’équipe de football de l’ASPTT, dont Jean-Philippe était l’entraîneur et le secrétaire général. Ce soir là, il y avait un entraînement de prévu, le dernier avant les matchs du dimanche, et Jean n’ayant pas pu y assister a logiquement téléphoné à l’entraîneur après l’entraînement (qui finissait en général vers 22 heures 15) pour avoir sa convocation pour le week-end.

 

Le matériel Apple. (Page 32)

Jean Castela, tout comme Vincent Andriuzzi possédaient en 1998 un matériel informatique sous environnement Macintosh. Il faut savoir qu’une grande partie des Corses était à cette époque équipée de Macintosh et encore plus dans le milieu nationaliste, pour des raisons évidentes de compatibilité car dans les années quatre vingt dix, la compatibilité entre Macintosh et Windows était très aléatoire. Pour cela, les militants nationalistes avaient choisi Macintosh car tous les locaux politiques étaient équipés de ce type de matériel.

Stella Castela a travaillé pendant des années comme secrétaire de rédaction du journal nationaliste U Ribombu, qui fonctionnait uniquement sous environnement Macintosh comme (à l’époque) tous les spécialistes de la PAO ou des travaux d’imprimerie, et qu’elle a ainsi été formée à l’informatique Macintosh.

Stella Castela donnait à l’époque des cours d’informatique à l’Université de Corse, qui elle aussi fonctionnait sous environnement Macintosh.

Comme on le constate à la lecture de ces exemples, Jean et Vincent ne sont pas les seuls à fonctionner en Macintosh en Corse !

 

A la page 33 « Si les textes de revendications n’ont pas été retrouvés sur les ordinateurs saisis, il convient de rappeler que Joseph Versini a expliqué à sa concubine que Jean Castela aurait détruit l’ordinateur sur lequel les textes de revendications avaient été rédigés. Au demeurant, lors de l’interpellation de ce dernier, le disque dur de son ordinateur était confié pour réparation à la société MIC Informatique Corse. 

Le technicien du service après-vente a prétendu que le disque dur était délabré et qu’il n’avait pas encore procédé à sa réparation, alors qu’il ressort de l’expertise ordonnée par le juge d’instruction que le disque dur ne présentait aucun symptôme de défaillance. » 

Lorsqu’une personne achète un ordinateur, elle laisse une trace, et comme on le constate à travers cet exemple, il est impossible de faire réparer clandestinement un ordinateur. Nous devons tout d’abord rappeler que Jean Castela n’a pas eu d’ordinateur qui aurait mystérieusement disparu, on en aurait retrouvé la trace. Ensuite, de la manière dont est rédigée la phrase de l’ordonnance de mise en accusation, on a l’impression que le réparateur a menti pour justifier de la présence du disque dur de Jean Castela chez lui. Or, ce disque dur a été saisi et analysé par les spécialistes de la DNAT qui ont trouvé la preuve que c’était bien le disque dur que Jean utilisait d’habitude, et qu’il ne comportait rien de clandestin. Ce qui est bien la preuve que Jean n’avait rien à se reprocher par rapport à son disque dur. De plus, s’il avait voulu s’en débarrasser clandestinement, il ne l’aurait pas confié à un spécialiste de l’informatique en attendant d’hypothétiques réparations.

Ensuite, par rapport aux déclarations de Joseph Versini, il s’en est clairement expliqué, dès sa garde-à-vue. Au moment où il reconnaissait sa participation aux faits pour lesquels il a été condamné, au moment où sa vie entière s’écroulait, il a tenu quand même à s’expliquer sur cette phrase qu’il a dite à sa femme, le jour où Jean Castela a été arrêté et où son arrestation a été médiatisée. Pour rassurér sa femme qui avait compris les activités clandestines de son mari, puisque la presse annonçait des arrestations en rapport à l’affaire Erignac, Joseph Versini lui dit alors qu’elle ne doit pas s’inquiéter car « Jean Castela a jeté son ordinateur à la mer ». Joseph Versini ne connaît Jean qu’à travers la médiatisation dont il a été l’objet après son interpellation. Et comme nous l’avons dit plus haut, l’enquête a démontré que Jean n’avait pas eu d’ordinateur qui aurait disparu, mais qu’au contraire, tout son matériel informatique a été retrouvé lors des perquisitions.

 

Page 34 : Giamarchi et Giammarchi

Contrairement à ce que laisse supposer l’ordonnance, on trouve en Corse aussi bien des Giamarchi que des Giammarchi, ce deuxième patronyme ne pouvant en aucun cas être considéré comme une invention.

 

On a remarqué à l’occasion du premier procès que même dans les conclusions des avocats des parties civiles qui demandent à ce que Jean Castela soit renvoyé devant les assises spéciales pour une complicité dans l’affaire de l’assassinat du préfet Erignac, aucun élément directement en liaison avec la mort du préfet n’est avancé.

On se contente de parler de prétendu passé clandestin de Jean, de matériel informatique et documents saisis (or l’expertise du matériel informatique est négative et les documents saisis sont en rapports à des affaires du début des années 1990), de la rencontre du 19 août (postérieure de 6 mois à la mort du préfet), des appels téléphoniques (qui ne mettent absolument pas en cause Jean dans quoi que ce soit), des contradictions dans les déclarations de Jean Castela sur son emploi du temps le soir des faits (il est à noter que cet argument est ridicule car Jean n’est pas mis en accusation pour assassinat, mais pour complicité, donc que son emploi du temps, au demeurant clairement établi, le soir de l’assassinat ne saurait constituer un élément l’accablant).

La faiblesse de ses mises en causes résume bien le dossier de l’accusation à l’encontre de Jean Castela.

 

A la page 41 on peut lire au sujet de Jean Castela et de Vincent Andriuzzi, que les éléments du dossier : « laissent présumer que Jean Castela et Vincent Andriuzzi ont participé à l’élaboration, à la rédaction et à la diffusion du communiqué de revendication, mais aussi qu’ils étaient, avec Alain Ferrandi, les dirigeants du groupe sans sigle ou des anonymes, et qu’à ce titre, ils ont pris part à la décision d’assassiner le préfet Claude Erignac, décision, qui en raison de son caractère hautement symbolique, n’a pu être décidée que par les chefs idéologiques quand bien même elle a également été soumise aux membres de la cellule du sud. »

Il est intéressant de noter que l’on ne parle pas d’éléments matériels qui prouvent de façon irrévocable la participation de Jean au groupe des anonymes, mais simplement d’éléments qui « laissent présumer ». Dans cette affaire, on a aucun élément matériel à charge, la chambre de l’instruction le reconnaît, on a juste des choses qui « laissent présumer ». On ne prouve rien, on présume.

Suivant en cela les chemins tracés par les enquêteurs, les magistrats de la chambre de l’instruction décrètent que la décision de l’assassinat du préfet n’a pu être prise que par des « chefs idéologiques ». C’est une erreur, et c’est bien mal connaître la Corse que de le penser. Tous les observateurs de la situation politique en Corse ces 30 dernières années, ou bien même au cours de l’Histoire de la Corse savent très bien que dans cette société méditerranéenne, où l’honneur est poussée à son paroxysme, les forts ont toujours eu le dessus sur les penseurs, les militaires sur les intellectuels. Dans le nationalisme corse, les chefs qui ont émergé ces 30 dernières années ne sont pas des intellectuels promus par leurs capacités à conceptualiser, mais plutôt des « militaires » ou d’anciens prisonniers politiques qui ont su forger leur légende dans les prisons françaises.


 

Dossier de l’attentat de Strasbourg

 

A partir de l’avis d’ordonnance de mise en accusation devant la cour d’assises rendue du juge Thiel dans l’affaire de Pietrosella, Strasbourg et Vichy.

 

Jean Castela, arrivé au procès toujours incarcéré, a été condamné pour la complicité, mais acquitté pour l’attentat de Strasbourg.

 

Environnement Apple (Macintosh) : Les revendications des attentats de Vichy, Pietrosella et de l’assassinat du préfet Erignac ont toutes été dactylographiées à l’aide de matériel informatique de type Apple. Jean et Stella Castela, tout comme Jean-Philippe Antolini fonctionnent également sous environnement Apple, ce qui a permis aux enquêteurs de faire de cet élément une preuve de l’implication de Jean Castela dans toutes ces actions. A lire les ordonnances de renvoi, on pourrait croire que seuls les Castela et Antolini fonctionnaient sous environnement Apple en Corse.

 

Page 42 de l’ordonnance de renvoi, le juge se permet certaines affirmations, qui ne sont pas étayées par des preuves et qui permettent d’alourdir le climat du dossier à l’encontre de Jean.

Il est notamment dit ! « (…) lors de la reprise des réunions des différentes sections du mouvement "A Cuncolta", Jean CASTELA, adhérent de ce mouvement dont il avait été jusqu’alors un membre certes très discret mais incontestablement influent, compte-tenu de ses responsabilités au sein du syndicat des travailleurs de l’enseignement (…) »

On peut être surpris à ce stade de l’enquête, qu’un magistrat instructeur qui doit enquêter à charge et à décharge puisse avoir un tel comportement. Le fait d’avoir des responsabilités dans un syndicat d’enseignants ne fait absolument pas de Jean Castela un responsable de la Cuncolta, et d’ailleurs dans l’Histoire des mouvements et partis nationalistes ou indépendantistes, les syndicalistes n’ont jamais été des responsables politiques. Et on peut encore le constater actuellement puisque par exemple, les leaders du STC ne sont même pas militants de Corsica Nazione !

 

A la page 43, il est fait état d’un renseignement anonyme transmis aux enquêteurs début juillet 98 mettant en cause un nommé « CASTOLA », comme « étant l’un des commanditaires de l’assassinat du préfet ERIGNAC et un ancien photographe de l’hebdomadaire nationaliste "U RIBOMBU" comme faisant partie du groupe clandestin à l’origine de cette action criminelle. »

Dans les explications qui suivent, le juge désigne Jean Castela pour correspondre à « CASTOLA » et Jean Philippe Antolini comme ancien photographe du Ribombu. Or, il est intéressant de constater que Jean Philippe Antolini, contrairement à ce prétendu renseignement, n’a jamais été mis en cause dans l’affaire du préfet Erignac. Ensuite, on peut remarquer que Jean Philippe Antolini n’a pas été le seul ancien photographe du Ribombu à être mis en examen et incarcéré dans le cadre du dossier 1337.

Présenté de la sorte, ce renseignement mettant en cause Jean Castela peut apparaître comme une preuve, mais il faut savoir que les services enquêteurs ont reçu des milliers de déclarations de ce type pendant les mois qui ont suivis l’assassinat du préfet, et d’ailleurs, les enquêteurs eux-mêmes ont procédé à des milliers d’interpellations au cours de l’année 1998.

 

A la page 44, le juge met en avant le nombre de conversations téléphoniques entre les co-mis en examen. Etablissant ainsi un lien entre tous, donnant l’impression au lecteur que tous les protagonistes sont en relation très étroite.

Or, si Jean Castela est en relation téléphonique quasi-permanente avec Vincent Andriuzzi et Jean-Philippe Antolini, et si Vincent de par son travail est en relation avec Alain Ferrandi, ce que le magistrat instructeur ne fait pas remarquer, c’est qu’il n’y pas de relations téléphonique entre Alain Ferrandi et Jean Castela ou Jean-Philippe Antolini, et pratiquement aucune entre Jean-Philippe Antolini et Vincent Andriuzzi.

 

À la page 64, le juge fait état du matériel saisi chez Jean Castela. En parlant de matériel de reproduction, le lecteur peut penser que Jean Castela possédait une imprimerie clandestine, alors qu’il s’agit en faite d’un vieux photocopieur et d’une imprimante d’ordinateur comme on peut en trouver chez tout le monde.

 

A la page 66, le juge écrit : « Jean Castela s’était livré à une activité subversive pour le compte du "F.L.N.C.-historique" jusqu’en 1994, année durant laquelle il est entré en dissidence avec les dirigeants d’"A Cuncolta Naziunalista", vitrine légale de cette organisation terroriste. »

Le juge se contente ici de lancer plusieurs affirmations, sans les étayer par des éléments matériels, et notamment en ce qui concerne le fait que Jean Castela serait entré en dissidence avec les dirigeants de A Cuncolta en 1994. Ceci est inexact, et ne sert qu’un seul but, qui n’est pas celui de rechercher la vérité en instruisant à charge et à décharge, mais au contraire de préparer le terrain pour tenter de faire tenir la route à la construction intellectuelle des enquêteurs qui ont pensé à un moment que c’étaient des intellectuels qui avaient imaginé l’action contre le préfet, après être entré en dissidence de A Cuncolta. Donc, tout au long de l’ordonnance de mise en accusation, on tente d’aller dans cette direction, et là, sans aucun élément, on annonce que Jean Castela est entré en dissidence de A Cuncolta en 1994. Or, jusqu’en 1996, Stella Castela était secrétaire de rédaction du Ribombu, et en 1995 Jean-Philippe Antolini était attaché du groupe Corsica Nazione à l’Assemblée de Corse, ce qui pour des dissidents est plutôt… étrange !

 

Page 67 : la facture et la nuit à Strasbourg de Jean Philippe Antolini et Jean Castela plusieurs mois avant l’attentat de l’ENA.

Rappelons que Jean-Philippe Antolini n’a été mis en examen que pour la complicité d’attentat et non pas pour l’attentat et d’ailleurs, le jour de l’attentat il est en photo sur le journal local corse avec son équipe de football. Et il a été libéré par le juge de la liberté et de la détention après deux ans de détention car les éléments à son encontre ne justifiaient plus une incarcération. C’est donc en homme libre (dans ce dossier) qu’il s’est présenté à la cour d’assise spéciale. Quant à Jean Castela, s’il a bien été condamné en première instance pour une complicité pour cet attentat, il a été acquitté pour l’attentat lui-même.

 

En 1997, Jean-Philippe Antolini a suivi une formation de guide interprète national. Les autres étudiants de cette formation avaient pour la plupart suivi les cours de BTS tourisme et avaient donc des connaissances en Histoire de l’Art, et avaient eu l’occasion de participer à un « tour de France » qui est un voyage au cours duquel les élèves en formation visitent (au pas de course) un maximum de régions et de monuments pour avoir une idée de certaines architectures religieuses qui n’existent pas en Corse (comme le gothique par exemple) ainsi que pour appréhender la manière dont certaines régions mettent en place une signalétique spécifique pour le développement de leur zones touristiques. Ce « tour de France » est donc un voyage de découvertes culturelles, mais pas dans le sens d’un voyage organisé au cours duquel les personnes présentes peuvent prendre le temps de visiter chaque monument en détail. Le but des visites lors de ce genre de voyage n’est pas le même. C’est pour voir un maximum de monuments différents et non pas comme dans un voyage traditionnel certains monuments à fond.

Cette différence est très importante car elle a totalement échappé aux enquêteurs et aux magistrats instructeurs.

En juin 1997, peu de temps avant de passer son examen de guide interprète, Jean-Philippe Antolini est invité, ainsi que Jean Castela à participer à une réunion de l’association suisse, du canton du Jura, « Solidarité Jura Corse », qui est le pendant de l’association Corse « Solidarité Corse Jura ». Jean Castela, Jean-Philippe Antolini et Stella Castela participent à cette association qui a pour but de développer les échanges entre ces deux peuples. D’ailleurs, en 1998, tous les trois sont partis en Suisse dans le canton du Jura pour participer à une foire commerciale où ils ont pu présenter certains produits corses comme la bière à la farine de châtaigne.

Pour se rendre en Suisse, Jean Castela et Jean-Philippe Antolini décident logiquement de partir en avion jusqu’à Nice, de louer une voiture et de se rendre en Suisse en passant par certaines région de l’Est de la France qui sont d’ordinaire objet de visite lors des « Tour de France ». Ceci, pour permettre à Jean-Philippe Antolini de préparer dans de meilleures conditions son examen et son futur métier de guide.

Jean est déjà en région niçoise où il doit faire passer des examens. Jean-Philippe Antolini le rejoint en prenant un billet d’avion à son nom (logique), qu’il paye en liquide car il est interdit bancaire et n’a droit ni aux chèques, ni à la carte de crédit.

Les deux amis louent une voiture par l’intermédiaire d’une de leur connaissance, Jean-Patrick Constantini qui a une société de production de film et qui bénéficient de tarifs de locations très avantageux.

Après un arrêt à Tournus, église célèbre en histoire de l’Art, Jean-Philippe Antolini et Jean Castela se rendent à l’Archéodrome de Beaune. C’est important pour Jean-Philippe Antolini car dans le cadre de sa formation il doit rendre un mémoire d’une dizaine de page portant sur la mise en valeur touristique de la micro-région du Niolu et il souhaite présenter un projet de création d’un archéodrome. Dans ce petit mémoire rendu quelques semaines plus tard, il fait donc largement allusion à l’arrêt dans cet archéodrome. D’ailleurs, dans sa maîtrise qu’il rendra l’année suivante, sur le même sujet, il évoque de nouveau cet arrêt à l’Archéodrome de Beaune.  

Après Beaune, Jean Philippe Antolini et Jean Castela se rendent en Alsace à Mulhouse où ils mangent et dorment. Jean Castela paye les notes avec sa carte de crédit et donne à l’hôtel son patronyme.

Le lendemain, Jean Castela et Jean-Philippe Antolini vont à Strasbourg et vont emprunter la route des vins d’Alsace et en prenant des notes car un autre étudiant de la formation de guide prépare un mémoire sur une route des vins du Cap Corse. D’ailleurs, lors de l’examen du disque dur des ordinateurs de Jean Castela, les enquêteurs retrouveront ce mémoire, écrit en très grande partie par Jean lui-même.

A Strasbourg, Jean et Jean-Philippe éprouvent la plus grande difficulté à trouver une chambre en raison du fait qu’il y a à ce moment dans la région de nombreuses activités qui ont attiré du monde, comme vraisemblablement une session du parlement européen.

Dans son ordonnance, le juge utilise volontairement des mots forts pour tenter de faire passer Jean Castela et Jean-Philippe Antolini pour des menteurs : « leurs déclarations devaient être largement prises en défaut ». En fait d’être largement prise en défaut, Jean Castela et Jean-Philippe Antolini ont simplement déclaré être arrivé tardivement à Strasbourg, ce qui sera confirmé (et non mis en défaut) par l’examen de leurs téléphones qui atteste qu’ils  n’étaient à Strasbourg qu’à 17 heures. A ce moment, ils ont tourné en ville pour chercher un hôtel, et après de nombreux échecs qui expliquent qu’ils n’ont pas eu le temps de visiter la ville dès leur arrivée, ils ont fini par aller à un hôtel Ibis du centre de Strasbourg.

Cet établissement était lui aussi complet, mais après consultation de ses ordinateurs, le réceptionniste a informé Jean Castela et Jean-Philippe Antolini qu’il restait des chambres de libre dans un autre Ibis, celui de la rue de Molsheim. Nos deux amis s’y sont rendus pour prendre leur chambre. Jean avait payé la veille, et comme cela est souvent le cas en Corse, on ne partage jamais les notes de frais en deux, mais on paye chacun son tour, donc c’est Jean-Philippe Antolini qui paye l’hôtel. Il règle en liquide, comme pour son billet d’avion puisqu’il est interdit bancaire, et quand on lui demande son nom, il répond fièrement « Friess ». Bien entendu, ce n’est pas un faux nom comme le prétendent les juges, mais le nom de sa mère et surtout le nom de la famille alsacienne de sa mère, famille très célèbre puisque anobli au XIIIe siècle pour sa participation au croisade. Jean-Philippe est donc l’héritier des Barons de Friess, baron d’Alsace. Cette famille est l’une des plus ancienne d’Alsace, et son ancêtre direct Henri Friess dont Jean-Philippe porte le prénom (Jean Philippe Henri Joseph) est attesté sur le livre d’or de la ville de Mulhouse dès le XIIIe siècle.

Les enquêteurs découvrent lors de la perquisition chez Jean Philippe Antolini la facture de cette chambre d’hôtel que ce dernier avait gardé soigneusement en souvenir, avec d’autres factures du même voyage, et il comptait la montrer à l’occasion à son grand-père maternel. Dès la garde-à-vue, et sans même que les enquêteurs ne lui pose la question, Jean-Philippe Antolini explique qu’il a utilisé le nom de sa famille alsacienne, c’est-à-dire, le nom de sa mère, pour rendre hommage à ces ancêtres. Il répètera tout au long de l’instruction et pendant son procès la même version des faits, ne bougeant pas d’un iota. Ce comportement est à rapprocher de celui de tous les Corses de la diaspora qui rentrent en Corse et qui ont un patronyme français. Ils n’hésitent pas à donner le nom de leur mère pour rappeler aux gens qu’ils sont Corses. C’est la démarche que Jean Philippe a toujours fait par rapport à son cousin germain Stéphane Lesavéant, qu’il a par exemple toujours inscrit lors des tournois de football estivaux sous le patronyme de sa mère, Antolini. D’autre plus célèbres ont également choisi de se corsiser en utilisant le nom de leur mère, comme Patrick Fiori qui a pris pour nom de scène celui de sa mère qui était corse, au moment de sa première chanson « mamma corsica » qui l’a rendu célèbre. Un Durand qui aurait chanté la même chanson n’aurait sans doute pas eu le même succès. En utilisant le nom de ces ancêtres, Jean Philippe n’a pas cherché à dissimuler son identité, bien au contraire, il a cherché à se faire remarquer et à appliquer un mode de fonctionnement qu’il a toujours connu en Corse.

Le voyage a repris le lendemain matin avec une visite rapide de la cathédrale de Strasbourg et puis le départ vers le Jura suisse pour participer à la réunion avec l’association. Puis le retour, encore une fois, pour visiter un maximum de choses par la route de Napoléon.

Encore une fois, les déclarations de Jean Castela et Jean-Philippe Antolini sont confirmées par l’examen des factures téléphoniques qui atteste qu’ils étaient à 120 kilomètres de Strasbourg à 10 heures du matin, et comme la cathédrale ouvre à 7 heures (pièce versée au dossier), ils ont largement eu le temps de la visiter (et non pas « très peu de temps » comme l’insinue le juge) puis de reprendre la route. Sans oublier que ce type de visite n’est pas une visite classique comme on pourrait la faire avec un groupe mais était destinée simplement à voir un monument gothique.

 

Qui peut imaginer une seule seconde que des « terroristes » vont laisser autant de trace derrière eux s’ils veulent dissimuler leur passage ? Billet d’avion à leur nom, payement la veille à Mulhouse avec carte de crédit et sous le nom de Jean Castela, mention dans différents mémoires du voyage… Qui peut imaginer une seule seconde des terroristes en train de visiter des archéodromes, des édifices religieux, participer à des réunions associatives et en même temps s’arrêter faire des repérages qu’ils ne vont même pas utiliser eux-mêmes car il ne faut pas oublier que Jean-Philippe Antolini n’a jamais été mis en examen pour l’attentat, mais seulement pour une prétendue complicité…

 

Quant à Jean Castela, s’il a bien été mis en examen pour cet attentat ainsi que pour la complicité, il faudra quand même que les juges enquêteurs nous explique l’intérêt d’aller faire un repérage à deux pour qu’au final une seule des personnes revienne faire l’atte